Faut-il nourrir les oiseaux en hiver ?

Depuis quelques années, les associations de protection animale – en particulier la Ligue pour la protection des oiseaux – mènent une campagne en faveur du nourrissage des oiseaux en hiver. Il ne faut certes pas les nourrir tout au long de l’année. Les oiseaux ont en effet besoin de chercher leur nourriture eux-mêmes. Mais elle se fait rare en hiver… Il est donc conseillé de nourrir les oiseaux dans son jardin ou sur son balcon.

Faire face aux froid

Incontestablement, le nourrissage est valable pour ce qui concerne les petits oiseaux présents dans nos jardins en hiver : mésange, moineau, rouge-gorge, pinson, verdier, troglodyte, accenteur mouchet et bien qu’ils soient plus gros, merle et étourneau.

En hiver, plus les volatiles sont de petite taille, plus les pertes thermiques sont conséquentes. Les oiseaux de grande taille perdent proportionnellement à leur taille, beaucoup moins de chaleur. Pour arriver à les limiter (en ébouriffant les plumes) et à les compenser en produisant de la chaleur, ces petits oiseaux consomment une quantité phénoménale d’énergie.

On lit classiquement, sur les sites internet, qu’une mésange perd en une nuit le dixième du poids de son corps pour produire l’énergie nécessaire au maintien de sa température. On comprend aisément qu’un tel animal ne peut survivre très longtemps, si son alimentation est insuffisante.

Faire face à la disette

Or, en hiver, il leur est particulièrement difficile de se nourrir. La durée de la journée plus courte limite le temps de recherche de nourriture. De plus, la faiblesse des ressources alimentaires existantes s’accroit progressivement durant tout l’hiver : il y a de moins en moins d’insectes, de moins en moins de baies, de moins en moins grains…

A ces causes naturelles s’ajoutent les modifications de leur milieu de vie que nous avons réalisées durant ces dernières années. Il s’agit en l’occurrence des modifications des réserves de nourriture et des abris. Des chercheurs comme Philippe Clergeau, Professeur au Muséum national d’histoire naturelle souligne l’appauvrissement progressif des centres villes en espèces animales, en particulier les espèces de petits passereaux. Ce phénomène laisse la place à des espèces au comportement invasif telles que les pigeons bizet, les pies, les corneilles.

La théorie du colibri

Selon cette théorie, chacun fait sa part. Apporter de la nourriture à ces petits oiseaux en hiver est sans aucun doute œuvrer pour le maintien de la biodiversité en ville. D’un point de vue global, il existe des solutions simples qui permettent de nourrir correctement certains oiseaux (pas tous, mais c’est mieux que rien). Vouloir nourrir correctement tous les petits oiseaux est largement plus difficile.

Ceci nécessite des astreintes quotidiennes pendant plusieurs mois. En fonction de nos disponibilités personnelles, différentes solutions sont accessibles. A chacun de choisir, en fonction de ses disponibilités et de ses choix personnels. La seule véritable obligation est de continuer le même apport jusqu’à ce que les beaux jours reviennent.

Laisser un commentaire