le chien et le perroquet

Le chien, le perroquet et le verbe

Non, ce n’est pas une fable de Jean de La Fontaine ! Si le chien semble comprendre le langage humain et que le perroquet semble doué de parole, analysons de plus près ces phénomènes…

Commençons par le verbe…

L’homme a une particularité unique de construire des phrases en donnant une signification non seulement aux mots qui composent cette phrase, mais aussi à l’association particulière des mots. Les mêmes mots mis dans un ordre différents ont pour l’être humain une signification différente. C’est très différent chez le perroquet et chez le chien et bien entendu, le chien et le perroquet sont très différents entre eux. A la différence de l’homme, le chien et le perroquet ne sont pas capables de comprendre la signification d’une phrase.

Le chien et les mots

Le chien est capable d’apprendre des mots. Il ne comprend pas naturellement les mots, nous non plus d’ailleurs, mais il comprend très bien naturellement sans apprentissage le ton sur lequel on lui parle.

Par l’apprentissage, le chien peut apprendre quelques mots. Pour bien vivre avec son chien, il faut lui apprendre une quinzaine de mots « assis », « couché », « au pied » …

Un chien peut apprendre beaucoup plus de mots : une cinquantaine, voire une centaine. Une équipe scientifique vient d’éduquer un chien (un border collie) à apprendre le plus grand nombre de mots. Ils sont arrivés à près de 2000 et surtout ce chien a appris des mots de groupe. Par exemple, il a appris ce qu’est une pomme, ce qu’est une banane et il a aussi appris ce qu’est un fruit. C’est déjà une belle performance. Cependant, plus le mot est court, plus sa compréhension par rapport aux mots qu’il connait est meilleure. Pour donner un ordre à un chien, mieux vaut un mot court.

Il ne lui manque plus que la parole !

Cependant, qu’en est-il par rapport à la compréhension des phrases ? Vous rentrez chez vous totalement déprimé parce que la journée a été rude : vous avez perdu votre boulot, votre banquier a été très désagréable avec vous, votre conjoint(e) est parti(e), vous venez de perdre votre permis de conduire, vous avez besoin de parler au seul qui est susceptible de vous écouter, votre compagnon fidèle, votre chien. Vous parlez, vous lui dites tout ce que vous avez sur le cœur et… il vous écoute avec attention et compassion.  Vous le trouvez « super » votre chien, vous vous dites : il comprend tout, il ne lui manque que la parole. Cela vous fait un bien fou d’avoir le sentiment que quelqu’un vous comprend.

Dans la réalité, votre chien n’a compris qu’une seule chose à votre allure, à votre attitude, c’est que vous alliez mal et que vous aviez besoin de lui et il s’est mis à votre disposition pour échanger des émotions. Mais, soyons franc, il n’a pas compris la moindre phrase que vous lui avez dites. Sympathique, il a fait semblant.

Il faut dire que la compréhension des phrases est un processus complexe qui nécessite un néocortex particulièrement développé.

Au-delà de cela, le chien, en grande partie, pour des raisons anatomiques émet peu de sons différents. Pour lui, la tonalité est plus signifiante que l’expression d’un mot.

Le perroquet diffère profondément du chien

Il a tout d’abord un organe vocal, le syrinx, très proche de notre larynx, qui lui permet d’émettre des sons beaucoup plus divers que le chien. La communication sonore a une grande importance dans la vie sociale de cet animal, alors que chez le chien, la communication olfactive et la communication visuelle priment sur les autres.

Le perroquet nouveau-né dans la nature va rapidement imiter une mélodie spécifique, le plus souvent émise pour lui par un de ses parents. Cette mélodie, qu’un jeune autre perroquet n’émettra pas, sera sa carte d’identité. Il l’émettra pour que les siens le retrouve, ses parents l’émettront pour l’appeler.

Cette capacité à émettre des sons lui donne la possibilité physique de prononcer des mots équivalents à ceux de l’être humain. Naturellement, il ne le fait pas. Ce type d’expression résulte exclusivement d’un apprentissage par l’être humain.

Mais il ne comprend pas plus !

Mais ne fait-il que « répéter comme un perroquet » comme le veut la légende populaire, c’est-à-dire de ne pas comprendre les mots qu’ils prononcent. Fréquemment – lorsque l’on arrive à les faire parler, ce qui n’est pas systématique – c’est le cas. Nous lui avons quelques expressions. Il les répète à volonté pour attirer notre attention, notre intérêt, mais les mots qu’ils prononcent n’ont pas de grande signification pour lui.

Est-ce à dire qu’il n’est pas capable de faire mieux ?