les personnes asymptomatiques

Les malades asymptomatiques

Quand une pathologie ne provoque pas les symptômes qui lui sont habituellement associés, on dit qu’elle est asymptomatique. Le patient est bel et bien malade, mais il ne présente pas les symptômes de la maladie. Si cette notion est devenue virale avec la Covid-19 – pardonnez ce mauvais jeu de mot – beaucoup d’autres maladies infectieuses, métaboliques ou encore génétiques, peuvent prendre une forme asymptomatique. Explications…

Pas un cas particulier !

Avec la Covid-19, on parle fréquemment des personnes asymptomatiques. Mais attention ! Les formes asymptomatiques n’ont pas attendu le SARS-CoV-2 pour exister, et ce qu’on présente comme un cas particulier à la Covid-19 concerne en fait de nombreuses autres pathologies. Dans nos métiers, on en connait d’ailleurs quelques-unes : le Zika, la leptospirose, la maladie de Lyme…

A ce propos, la leptospirose et la maladie de Lyme sont deux maladies infectieuses bactériennes, en forte progression en partie parce qu’elles sont asymptomatiques, précisément.

Le cas des maladies non virales

La maladie de Lyme est une infection bactérienne transmise par les tiques. Le développement récent de cette maladie est essentiellement lié au développement des tiques. C’est le problème récurrent des populations invasives. En raison de la chute de la biodiversité, beaucoup d’espèces disparaissent au profit d’autres espèces qui prennent de plus en plus d’importance. Pour atténuer les conséquences de cette domination des espèces invasives, il faut tenter de rétablir les équilibres naturels.

La leptospirose est également une maladie infectieuse bactérienne. Le rat en est le réservoir et elle se transmet essentiellement par l’eau. Le baigneur peut ainsi la contracter s’il a une petite blessure et qu’il plonge dans un lac. Il est très rare qu’on considère ce genre de facteurs infectieux. Les conséquences de cette pathologie peuvent cependant être importantes.

Asymptomatiques, où êtes-vous ?

Lorsqu’une personne arrive en métropole malade de la dengue ou du Chikungunya, les symptômes trahissent la maladie. On peut donc agir pour freiner l’épidémie : on isole cette personne et on met en place la lutte antivectorielle pour atteindre tous les moustiques vecteurs de la maladie présents dans le secteur.

Pour le virus du Zika en revanche, si la personne arrive malade mais asymptomatique, on ne sait pas qu’elle est contaminée. On ne peut donc rien faire pour prévenir et limiter le risque de voir l’épidémie se propager.

Dans le cas d’un virus tel que le SARS-CoV-2, le fait que la maladie ait une forme asymptomatique rend l’épidémie d’autant plus grave. En effet, on ne peut pas isoler les malades puisqu’on ne sait pas qu’ils sont porteurs du virus. Pendant ce temps-là, ils sortent malades, vont travailler, vont dans des bars et dans des restaurants et ils excrètent du virus autour d’eux, contaminant un certain nombre de personnes au passage.

Peut-être plus grave qu’on ne le croit

Pour un bon nombre de maladies, dont la leptospirose et la Covid-19, on observe des conséquences parfois assez délétères sur l’organisme. En premier lieu, n’oublions pas que certains individus finiront par mourir.

Dans le cas de la Covid-19, des patients meurent des suites de la maladie en raison d’une réaction inflammatoire trop importante. Mais on sait aussi que chez certaines personnes, le virus atteint le rein, en détruisant les néphrons présents dans l’organe. On compte en moyenne un million de néphrons par rein. Il s’agit de petites unités qui filtrent le sang et le débarrassent de ses toxines.

Un individu jeune a trois fois trop de néphrons. Puis dans le courant de sa vie, il en perd jusqu’à avoir un tiers du stock initial. En dessous, il sera en insuffisance rénale et devra avoir recours soit à la dialyse, soit à la greffe du rein – ce qui passé 50 ans n’arrivera plus. Si la Covid-19 attaque son rein, la maladie ne va pas supprimer tous les néphrons d’un seul coup, mais une partie seulement. C’est comme si l’individu prenait un énorme coup de vieux (au niveau des néphrons). Dix ou vingt ans plus tard, il souffrira d’une insuffisance rénale, qui n’aurait jamais existé s’il n’avait pas contracté la Covid-19.

Les lésions peuvent apparaitre sur le rein, mais aussi sur le foie, les poumons, etc. Les statistiques des malades souffrant de lésions graves n’existent pas véritablement encore. Mais les conséquences sont largement plus insidieuses que ce que l’on peut imaginer. La maladie est émergente : on ne connaît pas les séquelles à long terme. La vigilance reste donc de mise, même pour les malades qui sont guéris au terme de quelques jours…