Monsieur Michaux : Le seul vétérinaire dans la formation 3D vous explique son approche

Jean Michel Michaux nous parle de son expérience dans le domaine vétérinaire et de l’importance de la pédagogie dans l’excellence.

Sur cette interview entre Hélène Frontier et Jean Michel MICHAUX, on cite que dans les formations à l’ISTAV, il y a un grand appuie sur la méthodologie du diagnostic médical pour expliquer celui dans le domaine du 3D.

Beaucoup de points importants par rapport à la pédagogie sont présent sur cette interview.

Interview

4 Questions :

Vous êtes le seul vétérinaire à faire de la formation dans le domaine 3D. Aucun autre vétérinaire ne s’est lancé dans ce domaine d’activité et on peut s’interroger pourquoi. Que vous a apporté le fait d’être vétérinaire

La formation que l’on reçoit à l’école vétérinaire nous permet d’acquérir des notions essentielles à la bonne maitrise des populations de nuisibles particulièrement intéressantes pour effectuer des formations de qualité. Il s’agit par ex

  • Une maitrise des principes et des méthodes de diagnostic
  • Une bonne connaissance générale du comportement animal
  • La compréhension de la notion de biotope
  • La possession des notions d’infestations épidémiques et endémiques
  • Une bonne appréhension des notions d’efficacité et d’effets indésirables des produits utilisés et de résistance aux produits

L’intérêt de la formation vétérinaire est d’être une formation de haut niveau ouverte sur la connaissance de la vie dans ses différents aspects.

Cet intérêt est tel qu’il nous a semblé souhaitable qu’une consœur rejoigne notre équipe. C’est chose faite

De plus, j’ai enseigné pendant 40 ans à l’école vétérinaire ce qui m’a permis d’acquérir ’une pédagogie rigoureuse

Maintenant, il ne faut pas croire que seuls les vétérinaires sont susceptibles d’effectuer des formations de qualité. A l’ISTAV, nous avons le sentiment qu’il faut associer les compétences et nous avons constitué une équipe pluridisciplinaire associant 9 formateurs venant d’horizons différents et en particulier qui associent des scientifiques et des personnes de terrain.

Pouvez-vous donner des précisions sur ce que vous entendez par diagnostic

Demain, avec le fait que toutes les actions de maitrise des populations d’animaux dits nuisibles passeront par la lutte intégrée, il sera nécessaire d’effectuer un diagnostic approfondi pour d’une part évaluer la nature, l’étendue et la gravité de l’infestation et d’autre part en préciser l’origine car les méthodes de maitrise à utiliser dépendront de ces résultats. La norme CEPA prévoit cette obligation de diagnostic ce qui signifie que la non réalisation de celui-ci risque de conduire à une perte de certification.

Dans les études vétérinaires comme dans les études médicales, le diagnostic est au centre de la formation. On imagine mal un vétérinaire faire une prescription médicale avant d’avoir fait un diagnostic sérieux. Ce serait une faute professionnelle Dans les études vétérinaires on apprend de façon approfondie la méthodologie du diagnostic.

Ce qui est intéressant, c’est que la démarche diagnostic dans le domaine médical et dans le domaine 3D sont très proches car dans les deux cas nous sommes dans le domaine du vivant. Dans les formations que nous effectuons à l’ISTAV, nous nous appuyons sur la méthodologie du diagnostic médical pour expliquer le diagnostic dans le domaine 3D. Cela facilite grandement les explications.

Et alors dans le domaine pédagogique que vous a appris l’Ecole vétérinaire

J’ai été formé comme enseignant à l’Ecole Vétérinaire à être bon, voire très bon dans une pédagogie classique. Je sais bien faire des conférences, c’est-à-dire être capable d’expliquer de façon simple des choses compliquées. Et ceci est indispensable car, la lutte intégrée repose sur des notions complexes qu’il faut arriver à expliquer de façon simple pour qu’elles soient assimilées. Ce ne sont pas par des anecdotes qu’il sera possible de les faire passer.

Cette formation classique  n’est pas si facile à faire, mais n’est pas suffisante pour deux raisons :

  • D’une part, parce que lorsque l’on acquière des compétences, il faut savoir les mettre en pratique et avoir suivi une conférence aussi bonne soit-elle n’est pas suffisante
  • D’autre part, parce que les personnes sont différentes et il faut pour chacun, une forme de pédagogie adaptée.

Aussi, l’équipe de l’ISTAV fait un travail de fond sur les méthodes pédagogiques. Il s’agit de trouver et de mettre en place des exercices de nature très différente répondant à des objectifs définis et de partager l’expérience acquise sur le terrain pour que l’ensemble de la problématique soit acquise et aussi que chacun puisse trouver chaussure à son pied en terme de pédagogie. Nous avons fait de gros progrès durant ces dernières années ce qui nous a valu, dans le domaine des animaux de compagnie, à être le seul centre de formation ACACED à obtenir l’habilitation pour la formation à distance au vu de notre projet pédagogique. Nous allons persister dans l’effort.

Je voudrais ici attirer l’attention sur le fait que certains préconisent uniquement la formation de terrain. C’est une erreur. Peut-être préfère-t-il cette formation et c’est légitime de l’entendre. Mais cette forme pédagogique est comme toute forme pédagogique unique, très largement insuffisante.

Comme vous venez de le montrer vous avez une grande compétence scientifique. De plus, votre équipe développe des méthodes pédagogiques de haut niveau, vous êtes actuellement le seul centre de formation à effectuer des CQP. Considérer vous l’ISTAV, comme le leader dans le domaine de la formation 3D

Permettez-moi de sourire. A l’ISTAV, nous visons l’excellence et nous ne cherchons pas à être leader.

Viser l’excellence, c’est chercher tous les matins à faire mieux, à donner aux personnes que l’on forme, les moyens d’acquérir des vraies compétences. Cela nécessite que chaque membre de l’équipe fasse des efforts pour que le niveau global de l’équipe progresse, que l’on rende un service de meilleure qualité aux participants et par là à la profession. Lorsque l’on vise l’excellence, on donne aux autres.

Lorsque l’on se présente comme le leader, on ne cherche plus à donner, mais on cherche à prendre. Prendre la 1ère place. Or cette 1ère place est une illusion car on n’est jamais le meilleur dans tous les domaines.. Dans la grande majorité des cas, affirmer être le leader vise :

  • D’une part à vouloir être le seul présent sur le marché, c’est-à-dire chercher à être en situation de monopole pour pouvoir prendre plus à ses clients
  • Et d’autre part, à rechercher pour les narcissiques un état de bien-être en flattant son ego.

A l’ISTAV, cela ne nous intéresse pas.

 

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