chenille processionnaire

Piéger les processionnaires du pin ne suffit pas !

Depuis plusieurs années, la chenille processionnaire du pin se développe. Dans une démarche de lutte curative, les pièges sont prisés. Or, les pièges ne suffisent pas, et ce à plusieurs titres. Explications.

Processionnaires du pin et pièges de capture :  quand on croit avoir la solution

La chenille processionnaire du pin se développe en hiver. Le pin est en effet un résineux qui a des aiguilles – dont se nourrit l’insecte – toute l’année. La femelle papillon pond ses œufs à la fin de l’été. L’éclosion dure un mois à un mois et demi. Ensuite, le développement des larves est long. Les larves se développent pendant l’automne et éventuellement l’hiver, voire le début du printemps. Au printemps, généralement, les chenilles, qui sont arrivées à maturité, descendent dans la terre pour se métamorphoser. Puis, des papillons naissent.

Les sacs de capture des chenilles processionnaires du pin se mettent en place normalement un mois avant leur descente. Vous devez positionner une collerette au tronc de l’arbre grâce à une système de fixation. L’étanchéité doit être parfaite car les chenilles ne doivent pas passer entre la collerette et l’écorce. Lors de la descente, les chenilles prennent un tube qui les dirige dans un sac contenant de la terre ou du terreau. L’opérateur ou l’opératrice retirera ensuite et éliminera le sac.

Outre le fait que cette technique est tardive, elle ne marche pas à tous les coups… Il arrive en effet qu’en raison d’un automne chaud, les arbres en pleine forme permettent aux chenilles de grandir plus vite. Si les chenilles ont eu suffisamment à manger, les processions ont lieu dès la fin de l’automne.

 

Processionnaires du pin : des cycles qui varient en fonction du climat

En effet, le cycle de la processionnaire du pin varie fortement en fonction du climat. Ainsi, selon le climat (océanique, continental, méditerranéen…), le vol des papillons et les départs en procession seront plus ou moins précoces, ou tardifs.

Par exemple, dans le climat océanique, le vol des papillons est très précoce : l’éclosion des chenilles a lieu très tôt au cours de l’été. Dès le mois d’août, les chenilles se développent. Et parfois les départs en procession se feront dès le mois d’octobre pour une partie des chenilles arrivant à maturité avant l’hiver. Les autres vont partir en procession pour se nymphoser dans la terre au printemps.

Avec un climat méditerranéen, en raison des fortes chaleurs estivales, les vols de papillons s’échelonnent de juillet à mi-octobre. De la même manière, les éclosions des premières chenilles vont s’étaler entre la mi-août et la fin octobre. Les processions sont précoces et peuvent se terminer tardivement en mars.

Avec un climat dit océanique dégradé, les chenilles descendent entre février et avril. Mais si l’automne est trop doux, elles descendent bien avant.

Il est donc assez fréquent que les chenilles processionnaires du pin descendent en procession plus tôt… ou plus tard que prévu !

 

Chenilles processionnaires du pin : qu’en est-il des pièges à phéromones ?

Les pièges à phéromones relèvent d’une technique appelée la confusion sexuelle. Il s’agit d’introduire la phéromone sexuelle dans le milieu qui a pour rôle d’empêcher l’orientation des femelles vers les mâles. S’il n’y a pas d’accouplement, il n’y a pas de reproduction, cela va sans dire !

Les pièges à phéromones contiennent donc des phéromones femelles qui attirent et capturent les mâles. Ils doivent être positionnés à la période de reproduction c’est-à-dire l’été.

Cette technique à elle seule ne suffit pas non plus. En effet, si une femelle déjà fécondée vient de l’extérieur, elle peut s’installer et pondre ses œufs. Elle ne sera aucunement affectée par de tels leurres.

Il faut aussi savoir que les pièges de capture et les pièges à phéromones ont une durée de vie éphémères. Il faut savoir les positionner correctement et à des moments bien spécifiques.

 

Chenilles processionnaires : la meilleure solution

Dans la lutte contre la chenille processionnaire, il faut garder en tête que le cycle est adapté à la météo. S’il fait trop chaud, les papillons ne sortent pas. S’il fait froid, les chenilles ne sortent pas tous les jours. Elles mangeront moins, leur croissance sera ralentie, et leur période de croissance sera plus longue.

Il faut adopter une stratégie d’ensemble basée sur la lutte intégrée. La lutte intégrée est un ensemble de pratiques (ou systèmes) qui sert à diminuer au minimum le recours à la lutte chimique et de garder le seuil de bioagresseurs inférieur au seuil économique.

Il est de mise d’intervenir avant l’apparition des chenilles urticantes afin de supprimer le danger. En présence de pins, il faut donc surtout apprendre à observer. Grâce à un diagnostic précoce, le traitement également précoce permet d’éviter les infestations, et donc les dangers.

La lutte intégrée associe le diagnostic, les méthodes curatives pour tuer immédiatement le maximum des chenilles et les méthodes environnementales visant à rendre les milieux hostiles à l’implantation. Isolément chacune de ces méthodes est insuffisante.

Si vous souhaitez découvrir comment mettre en œuvre la lutte intégrée des chenilles processionnaires ceci devrait vous intéresser : Maîtrise des populations de chenilles processionnaires.